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La traversée de l'ombre dans un collège des monts du Lyonnais

En visionnant « La traversée de l’ombre » de Marcel Gisler sur Arte, je me suis dit que l’enfermement d’un tiers tenait pour beaucoup d’un rapport de domination. Ce téléfilm dramatique dévoile le vécu et le ressenti de malades pris en charge dans une clinique psychiatrique rurale à la fin des années 70 en Suisse. Au prétexte de protéger une personne d’elle-même, certains hôpitaux psychiatriques ne seraient que des institutions totales si l’on s’en réfère au livre intitulé « Asiles » d’Erwin Goffman. J’ai déjà fréquenté une institution semi-totale lorsque j’exerçais comme auxiliaire de vie scolaire dans un collège. Officiellement, j’étais amenée à suivre deux élèves, mais en réalité beaucoup plus : tous ceux qui se trouvaient être en situation de décrochage scolaire. A bien y regarder, cela pouvait concerner les trois quart d’une classe de 5e. Le plus surprenant eut été de constater qu’une enseignante si peu écoutée pouvait très bien continuer son cours seule ou en s’adressant qu’à une toute petite poignée d’élèves. Les autres qui ne captaient rien restaient là, cloués sur leurs chaises toute la journée. J’avais alors l’impression dérangeante d’avoir affaire à une institution totale pour enfants reclus, une institution autiste maltraitant ses enfants. Le sentiment d’un effroyable gâchis humain, d’une atteinte insoutenable portée à la dignité des enfants. Fort heureusement, j’ai eu la chance de pouvoir rencontrer des enseignants plus lumineux, en histoire, en SVT, capables de capter l’attention des enfants. Ils ont su atténuer ma peine, par leur courage, leur investissement au quotidien, leur bienveillance. Les AVS sont un peu comme cette assistante sociale, dépourvus de moyens. La plupart servent de simple caution, quand d'autres choisissent de se débattre afin d'obtenir des avancées pour une société plus inclusive.

A voir sur ARTE https://www.arte.tv/fr/videos/089026-000-A/la-traversee-de-l-ombre/




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