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La violence dans la littérature jeunesse : quel rôle pour les bibliothèques de la COPAMO ?

La journée professionnelle organisée par l’ENSSIB le jeudi 15 octobre 2020 autour de la violence au sein de la littérature jeunesse a d’autant plus attiré mon attention que j’ai eu à constater que de nombreuses revues pour jeunes lecteurs empruntées auprès du réseau des bibliothèques de la COPAMO contenaient des histoires, scènes, propos ou images perçues comme violente par mon enfant, au risque de l’empêcher de s’endormir sereinement.

La lecture de petits livres pour enfants de GS-CP a plusieurs objectifs : celui d'inciter l'enfant à lire mais aussi celui de calmer l'enfant avant la nuit. Or, il me semble que ce deuxième objectif ne peut être atteint si les histoires s'avèrent être cauchemardesques : enfant enfoui sous des décombres d'un tremblement de terre, sorcière dans le cartable, violence scolaire...Cette banalisation de la violence dans la littérature impacte-t-elle les comportements sociaux de nos enfants dans les cours de récré ?

Il est un fait que notre société banalise la violence, en relevant chaque jour le seuil de sensibilité, au point de ne plus susciter aucune réaction, si ce n'est un certain repli identitaire. Certes, les parents sont responsables de la lecture qu'ils choisissent de faire à leurs enfants (bien qu'en période de confinement, nous ne pouvions plus tellement choisir nos ouvrages en les feuilletant préalablement). Mais l'ensemble du corps pédagogique, dans lequel j'inclus les éditeurs, les auteurs et les bibliothécaires, ont aussi une part de responsabilité lorsqu'ils participent à la création d'un fonds documentaire. Ils ont une fonction de prescripteur auprès des parents.

Philippe Lacadée, psychiatre spécialiste de l’enfance, considérerait la littérature comme « l’exact contraire de la violence » dans la Revue des livres pour enfants. Pour autant, la violence littéraire constitue un sujet de questionnement, entre inquiétudes des parents/médiateurs et responsabilité des professionnels qui font des choix de politique documentaire : les jeunes lecteurs doivent-ils être accompagnés ou protégés ? Le parent peut-il est tenu comme seul responsable des choix de lectures offertes à son enfant ? Les éditeurs et auteurs ont-ils leurs parts de responsabilité ? Comment cette communauté pédagogique interagit-elle ? Comment mieux accompagner l’enfant avant la nuit ?

https://www.enssib.fr/JE-jeunes-et-violence-role-bibliotheques




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